Quel dynamisme éruptif pour la prochaine éruption ?

Quel dynamisme éruptif pour la prochaine éruption du Vésuve ?

 

La puissante éruption de l'an 79 détruisit cinq villes autour du Vésuve. Aujourd'hui, un million de Napolitains vivent au pied du volcan ce qui induit que la volcanologie européenne doit consister entre autres à maîtriser le risque qu'il représente. Or une équipe franco-italienne attire l'attention sur un détail qui change tout : de plinien qu'il fut, le Vésuve serait en train de devenir strombolien.

 

 

L'histoire du Vésuve est jalonnée par des dates d'éruption : –18000, –7800, –3600, 79, 472, 1631, 1944… À chaque fois, la chambre magmatique, c'est-à-dire une sorte de grosse éponge rocheuse saturée de magma plus ou moins visqueux, a expulsé son contenu. Or la richesse en eau et autres substances volatiles du magma vésuvien produit de dangereuses éruptions qui provoque parfois des nuées ardentes et d'immenses panaches de cendres et de ponces : on les qualifie de pliniennes. Bruno Scaillet, de l'Institut des sciences de la Terre d'Orléans, et ses collègues ont évalué la pression subie par les magmas vésuviens en les reproduisant el laboratoire en se basant sur le cas des magmas anciens ou  des magmas récents. Ce travail a montré que, jusqu'à la célèbre éruption historique de l'an 79, les magmas provenaient d'une chambre magmatique située à sept kilomètres de profondeur (au moins) en dessous de l'édifice mais que depuis 472, ils proviennent d'un réservoir profond de moins de trois kilomètres. En outre, depuis cette date, le volcan a changé de comportement : il se manifeste plus et expulse des volumes de magmas bien plus chauds (donc plus fluide). Par ailleurs, comme la chambre magmatique a muté vers la surface le magma arrive plus rapidement au sommet de l'édifice et celui ci subi donc moins de pression donc moins d'explosions.

 

 

Selon B. Scaillet, la chambre magmatique profonde de sept kilomètres aurait cessé son activité après la catastrophe de Pompéi et une nouvelle chambre située entre trois et quatre kilomètres de profondeur aurait peu à peu pris le relais. Moins volumineuse, elle s'est vidée en moyenne tous les sept ans depuis 1631. Plus haute, moins de pression. En termes volcanologiques, le Vésuve évoluerait d'un type plinien (volcan explosif peu actif, mais très dangereux) vers un type strombolien (volcan explosif très actif, mais bien moins dangereux).

 

 

Mais il est impossible d'affirmer que la prochaine éruption du Vésuve sera strombolienne. Le volcan a tout de temps était imprévisible. Or il est arrivé à certains volcans "prévisibles" de produire des éruptions inapte à leur fonctionnement ordinaire ! De plus le volcan dort depuis 1944 car son conduit éruptif est bouché, il y aura forcément une grosse explosion lors de la prochaine éruption. Et enfin il faudrait être certain qu'aucune chambre magmatique active ne se trouve encore à sept ou huit kilomètres de profondeur (parfois des volcans ont deux chambres magmatiques !). Or l'exploration par tomographie sismique du volcan révèle une anomalie à cette profondeur ! Mais il pourrait s'agir d'un réservoir d'eau hydrothermale. Alors quel avenir pour le dynamisme éruptif du Vésuve ?

 

L'activité sera t - elle strombolienne en raison de la proximité de la "nouvelle" chambre magmatique avec la surface ? Sera - t - elle violente en raison du long sommeil du volcan ? Ou sera - t - elle cataclysmale ? Car malgré ces études récentes et tout à fait crédibles (les dernières activités étant stromboliennes), on ne peut être sûr du dynamisme éruptif d'un volcan aussi imprévisible que le Vésuve.



21/01/2011
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