Les Champs Phlégréens

Les Champs Phlégréens

 

 

 

 

Bordé au nord par la chaîne montagneuse des Apennins, le complexe volcanique des Champs Phlégréens a 150 km² de surface. On y a répertorié plus de cinquante bouches éruptives dont certaines sont maintenant sous le niveau de la mer dans le golfe de Pozzuoli. Au sud-ouest des champs, les îles volcaniques de Procida et Vivara ont une superficie totale de 3,5 km² et sont éloignées de la côte de 3 kilomètres. Les Champs Phlégréens ne sont pas stables et de nos jours encore, comme en mars 1970, le sol bouge par des mouvements verticaux de montée/descente c'est ce qu'on appelle le bradyséisme. Le temple de "Sérapis" en est la plus belle illustration à ce jour.

 

Les Champs Phlégréens ont ainsi progressivement perdu 12 mètres entre le 2e siècle avant J.-C. et le 11e siècle après J. C., puis la caldeira s'est soulevée de 8 mètres entre le 11e et le 17e siècle, pour s'abaisser à nouveau de 5 mètres avant d'atteindre son niveau actuel. Les zones thermales sont multiples, parmi elles, la célèbre Solfatara.

 

L'histoire géologique de ce complexe est divisée en trois périodes :

 

Première période :

 

Au pléistocène supérieur les premières éruptions ont lieu et engendre la formation d'un grand strato-volcan, l'Archiphlegraeus. Les produits émis sont des trachytes connus seulement sous forme d'éjections ce qui induit que les laves de ce géant devaient être très visqueuses. Une longue période de repos suit mais il est difficile alors d'estimer les dates exactes du début de l'activité et le temps de la durée de repos. Pendant ce repos, la pression des gaz dans le réservoir croît et des fissures se forment. Puis, il y a 35 000 ans, une éruption catclysmale se produit et entre 80 et 150 milliards de mètres cubes sont vomis par l'édifice. A la suite de ce cataclysme, l'Archiphlegraeus s'effondre : une caldeira de 13 kilomètres de diamètre se forme. L'histoire du complexe volcanique est ensuite peu connu mais on sait que celui ci a violemment explosé il y a 14 000 ans et a été assez actif ensuite entre 10 000 et 8000 ans et entre 4000 et 3000 ans. L'activité a principalement consisté en des cratères d'explosion phréatomagmatique et en des cônes de scories. L'activité des 10 000 ans à 3000 ans est la seconde période.

 

Deuxième période :

 

Des extrusions de trachyte tel le dôme de San Martino et des cratères comme le Miliscola se forment, l'activité devient mixte ; deux stratos volcans naissent sur le bord de la caldeira Archiphlegraeuse on les nomme Torregaveto et Torre Fumo. A d'autres endroits des lacs de lave se développent et éjectent une roche en fusion molle, qui s'aplatit en galettes en tombant dans les cendres. Puis la pression des gaz devient de plus en plus forte dans les foyers magmatiques des Champs Phlégréens, une phase explosive se déclenche. Des explosions éjectent de grandes quantités de cendres appelées tufs jaunes napolitains stratifiés, datés au Carbone 14 de 10 000 ans pour certains soit de la première période. Les petits volcans de Capo Miseno, Bacoli, Trentaremi, apparaissent et émettent ces tufs jaunes napolitains trachytiques. L'intensité des éruptions ne fait qu'augmenter, elle s'achève par l'émission de nuées ardentes de 200 mètres d'épaisseur dont les dépôts sont appelés tufs jaunes napolitains non stratifiés ! Parmi les nombreux volcans qui sont nés lors de cette phase explosive, il y a Mofete, Fuorigrotta, Porto Miseno, Gerolomini, Chiala et le Monte Gauro, le plus jeune de la série. Cette deuxième période s'achève par l'effondrement de l'ensemble de la zone, dont le résultat est la naissance de la caldeira phlégréenne actuelle il y a donc 3000 ans. La caldeira ne résulte donc pas d'une explosion mais d'un effondrement post éruptive de celle ci !

 

Troisième période :

 

Après une longue période de repos, l'activité volcanique reprend il y a 1700 ans. Ce réveil coincide avec une période d'activité de l'illustre Vésuve, son voinsin. Le volcan Minopoli, puis le cratère d'Agnano se forment dans la caldeira en émettant des cendres grises et des scories. Un peu plus tard des dômes s'érigent : le Monte Spina et Caprara. Le volcan Montagna Spaccata est à peine formé, que déjà l'effondrement de la caldeira Gallo Russo détruit son flanc sud. Les cratères de Baia, Cuma, Marmolite et Mularo sont contemporains de cette activité. Après une nouvelle période de repos, le dôme-coulée de la Villa Cariati se met en place. Peu de temps après, une forte explosion donne le cratère de la Solfatara qui a coupé à l'emporte-pièce les dômes précédemment formés. L'activité explosive de cette Solfatara dure longtemps et cesse quand une masse de lave obstrue la cheminée de la bouche éruptive. Successivement quatre phases explosives ébranlent les environs de la caldeira Gallo Rosso, les cratères de Pisani puis de Cigliano (daté de 1500 avant J.-C.) apparaissent. Beaucoup plus jeunes encore sont les édifices volcaniques de Fondo Riccio, Concola et Senga, qui datent de l'époque pré-chrétienne proche environ de 200 ans av J-C. Puis le complexe se calme considérablement. De petites explosions phréatomagmatiques ont parfois lieu, la dernière a eu lieu en 1158 dans le cratère de Solfatara. Mais l'activité des Champs Phlégréens ne se résume pas à 1158 pour ce qui est des temps historiques car une vraie éruption a lieu en 1538. Elle donne lieu au célèbre cône Monte Nuovo. Depuis cette éruption, les Champs Phlégréens ont connu des crises ; les deux dernières sont :

1969 à 1974 :

De multiples séismes ont lieu pendant ces années ; les épicentres sont peu profonds (4 kilomètres). Des bornes de nivellement, installées dans la caldeira, ont permis de mettre en évidence un bombement de 1,70 mètres entre 1969 et 1972 (soit 5 millimètres par jour), suivi d'un affaissement qui atteignait 30 centimètres à la fin de 1974.

1985-actuel :

À la suite d'un séisme de magnitude 6,9 (le 23novembre 1980), des mouvements verticaux non négligeables se déclenchent et gagnent en intensité à partir de juillet 1982. Dans le port de Pouzzoles, la surrection atteint au moins 1,40 mètres de juillet 1982 à décembre 1984. Dans la ville même, le sol monte de 1,85 mètres durant ces années ! la zone touchée a un diamètre de 14 km. La température des fumerolles de la Solfatare augmente puis une nouvelle bouche de vapeur naît le 16 novembre 1984 et vomi pas mal de vapeur mais l'éruption crainte ne se produit pas. Depuis 1985, le sol s'est lentement affaissé jusqu'en janvier 1989 où une nouvelle phase de gonflement a commencé... Les Champs Phlégréens sont donc étroitement surveillés car il semblerait qu'un nouvel épisode éruptif est possible dans les ans à venir.

Le mini super volcan des Champs Phlégréens et le Vésuve : même complexe volcanique ?

Il est intéressant de se poser la question comme les deux volcans sont proches l'un de l'autre. Les deux édifices ont percé quasiment en même temps la plaine de Campanie, même si les Campi Flegrei (nom italien des champs) sont plus âgés. Le Vésuve le plus ancien a lui 300 000 ans.

Or les deux volcans ont connu trois périodes d'activité commune : il y a 6500 ans environ, 2430 ans environ et il y a 1700 ans.

Quant au bradyséisme qui touche le complexe Campi Flegrei, il est visible tout particulièrement dans l'un de ses cratères, la Solfatara. Or le phénomène de remontée, de stagnation ou de baisse lente... fluctue parfois avec les périodes éruptives du Somma-Vésuve !
 
 
Cette conjoncture volcanique interpelle, une question s'impose : ces deux édifices quasi limitrophes auraient-ils une même chambre magmatique  reliée à la surface par plusieurs conduits? Sans compter que non loin des deux volcans, se trouve un troisième volcan, l'île d'Ischia, Ischia étant le troisième volcan actuellement actif de la baie de Naples...
 
 
Les trois volcans doivent leur existence à la subduction de la plaque africaine sous la plaque eurasienne. Ils sont tous implantés sur l'arc volcanique campanien comme les volcans "endormis" (ou réellement éteints) suivants : lardellero (caldeira du sud de la Toscane dont la dernière éruption date de 1282. Volcan donc considéré comme juste endormi), les autres tels Amiata, versini, Alban Hills, Procida ou Palinuro sont soit profondément endormis soit éteints.
 
 
Alors comme il s'agit d'une subduction, même si des coincidences sont à signaler entre l'activité des Campi Flegrei et du Vésuve sont à signaler, rien pour l'instant n'induit que les deux volcans appartiennent au même complexe et ont donc une chambre magmatique commune. Il semblerait au contraire que les 3 volcans de la baie historiquement actifs soient bien distincts avec chacun sa chambre magmatique.
En revanche, même si les volcans ont chacun une chambre magmatique propre à eux mêmes, il n'est pas à exclure qu'un gigantesque réservoir situé bien plus en profondeur que les chambres, alimente les chambres magmatiques des 3 volcans ce qui expliquerait certaines similitudes. Les volcanologues s'accordent à dire que Naples est située sur un réservoir géant de magma de 400 km²...

La surveillance est nécessaire car d'une part il est proche de Naples et peut donc toucher un nombre important de personne en cas d'activité. Bien que le Vésuve toucherait bien plus de monde, les Champs Phlégréens constituent un complexe que beaucoup de scientifques jugent comme un mini supervolcan ! Les napolitains et les populations des communes alentours vivent donc sous la menace de deux volcans extrêment dangereux !!! Et peut être d'un troisième... En face de Naples, du côté du complexe phlégréens se trouve l'île d'Ischia... Ischia est un volcan dont la dernière éruption date de 1302...

 



30/01/2011
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